La pédagogie Montessori

                       "Aime et fais ce que tu veux"   St Augustin

La pédagogie élaborée par Maria Montessori (inspirée du Dr Edouard Séguin) et développée par Hélène Lubienska de Lenval donne lieu à de nombreuses interprétations voire déviations car elle allie des réalités humaines qui à première vue pourraient sembler paradoxales. Afin de préserver l'essence de cette pédagogie et de la garder vivante, il est important de se référer aux sources. C'est pourquoi les textes ci-dessous sont exclusivement issus des écrits de Maria Montessori et Hélène Lubienska de Lenval.


SILENCE et

LIBERTE DE PAROLE

Au départ, le silence est une découverte semblable à celle que l'on fait de la montagne ou de la poésie : épanouissement au contact d'une réalité nouvelle, devant quoi tout le factice s'effrite.

La découverte du silence s'effectue sur des plans différents :

- sur le plan matériel [...]

- sur le plan mental lorsqu'au terme d'un labeur ardu, la pensée domine l'horizon intelligible et, saisie d'admiration se tait et se repose

- sur le plan spirituel, lorsque, par delà ratiocinations et sentiments, l'esprit adhère à Dieu dans la certitude de la foi.

En dehors de ces expériences exceptionnelles où il s'impose de lui même, le silence demande à être conquis par l'effort. Intermittent au début, plus habituel à mesure qu'on le pratique, il finit par devenir une patrie, un peu comme la montagne ou la poésie. Plus on y demeure, plus il révèle de perspectives.

Car quel que soit le plan où il prend appui au départ, le silence s'achève et s'épanouit en Dieu.


TENUE et

LIBERTE DE MOUVEMENT

L'enfant comprend en bougeant.

La vie intellectuelle pour se développer a besoin d'activité spatiale : que la main soit l'auxiliaire du cerveau, personne, surtout depuis Bergson, n'oserait le nier.

Il s'agit de diriger l'activité musculaire, de façon à ce qu'elle devienne une auxiliaire de la pensée.

L'éducation musculaire sera donc la conquête systématique des nerfs et des muscles : un entraînement à la maîtrise de soi.

Ce travail de conquête qui doit se poursuivre pendant des années commence dès les 1ères semaines de la vie et atteint une intensité particulière entre la 1ère et la 5ème année. A cet âge, l'esprit est visiblement aux prises avec la matière : chaque geste de l'enfant est un effort pour coordonner son appareil moteur. Qu'importe qu'il ne parle pas ? C'est par le geste qu'il exprime son drame intérieur.

Aussi le premier devoir de l'éducateur consiste-t-il à respecter, plus encore, à favoriser l'activité de l'enfant. L'éducateur s'habitue à parler à voix basse et à compter ses paroles. Il se garde d'intervenir indiscrètement et de s'imposer. 

Ce qui compte ce n'est pas le résultat, mais l'effort.

 


RESPECT et

LIBRE CHOIX

Le libre choix est l'élément le plus difficile, le plus contraire à la routine scolaire, et le plus important, car sans le libre consentement de chaque volonté individuelle le silence deviendra mutisme, la tenue parade de caserne et le travail esclavage. Il est essentiel d'amener l'enfant à aimer le silence, aimer la discipline, aimer le travail. On y arrive lorsque l'enfant prend l'habitude d'associer

 - silence avec joie du repos

 - discipline avec joie du mouvement harmonieux

 - travail avec joie de la découverte.

Le choix consiste dans la possibilité de se joindre à l'activité ordonnée de la classe ou à rester à l'écart sans rien faire. Car une seule chose est interdite : déranger les autres.

La discipline ne s'oppose pas à la liberté, mais donne à celle-ci une forme ordonnée.

L'obéissance n'est pas la soumission forcée à une autorité arbitraire, mais une participation consentie aux lois de l'harmonie universelle : aussi satisfait-elle en nous un besoin inné d'ordre et de beauté.

"Silence de la volonté", accordée à celle de Dieu.


 

Maria Montessori

L'enfant

L'esprit absorbant de l'enfant.

De l'enfant à l'adolescent

Hélène Lubienska de Lenval

Le silence, à l’ombre de la parole 

 

L’éducation de l’homme conscient et l’entraînement à l’attention

La liturgie du geste

           Dr Maria Montessori